Invité ce lundi 28 octobre à la Radio Okapi, le secrétaire général de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) est largement revenu sur la polémique autour du changement de la constitution. Monseigneur Donatien N’shole a fait part des inquiétudes des évêques sur ce projet “dangereux” qui prend de plus en plus corps.
Rappelant les émeutes de 2016 occasionnées par le prétendu changement de constitution, le porte-voix de la CENCO craint que les mêmes causes produisent les mêmes effets.
« Ceux qui soutiennent ce changement n’hésitent pas à évoquer des raisons qui énervent les articles verrouillés. Ce projet de changement de constitution qui a fait des morts, ne passera pas sans un bras de fer social. Si cette question n’est pas bien traitée ça va déstabiliser le pays », a-t-il prévenu.
Monseigneur Donatien N’shole décourage à cet effet le pouvoir et ceux qui soutiennent cette démarche “suicidaire” de vouloir changer la constitution dans un contexte de crise multiforme au pays.
« C’est quelque chose à décourager dans le contexte actuel quelle que soit la pertinence de l’un ou l’autre point levé pour justifier cette démarche qui est dangereuse sur plusieurs plans, sur le plan social, sécuritaire et même sur le plan politique. Pour les mêmes raisons que ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui ont refusé que le président honoraire touche à la constitution, la situation comme telle n’a pas évolué en ces temps-là. Déjà l’actuel président disait que le problème n’est pas la constitution mais c’est le social du congolais », s’est-il souvenu.
Cependant, le secrétaire général de la CENCO conseille Félix Tshisekedi, chef de l’État, de prêter une oreille attentive aux avertissements que lancent les princes de l’église.
« Je vais le supplier d’écouter les évêques qui ne peuvent que vouloir le bien de ce pays. Qu’il n’écoute pas ses collaborateurs qui ne voient pas plus loin que leurs ventres, leurs familles. C’est lui qui assumera la responsabilité de ce qui arrivera », avertit Donatien N’shole.
Le discours du président prononcé récemment à Kisangani, a ravivé la polémique autour du changement de la constitution. Le sujet n’est plus tabou. Félix Tshisekedi a manifesté clairement ses intentions de changer la constitution, annonçant même la mise en place l’an prochain d’une commission devant réfléchir pour pouvoir doter le pays d’une nouvelle constitution.


















Laisser un commentaire