L’ONG EVAPEV et l’Association fraternité des anciens jeunes et enfants de la rue, ont alerté samedi 14 juin, sur ce qu’elles considèrent comme un détournement de 12 millions de dollars canadiens, destinés à soutenir les différents projets en faveur des enfants vulnérables et anciens jeunes de la rue.
Elles accusent sans détour, l’UNICEF au travers sa section protection, de gérer ces fonds en toute opacité, les mettant à l’écart de la gestion de ces fonds, d’ailleurs fruits de leurs plaidoyers menés depuis février 2023.
Le président de l’association la Fraternité des anciens jeunes et enfants de la rue, a ainsi exprimé son regret, après autant d’efforts menés auprès de l’ambassade du Canada pour obtenir ces fonds.
« Nous sommes très indignés aujourd’hui d’apprendre que au-delà des démarches que nous avons entreprises le 24 février 2023 à l’ambassade de Canada où nous avons formulé un plaidoyer en faveur des financements en faveur des enfants et jeunes de la rue. Aujourd’hui cette somme a été libérée et comme nous sommes dans un pays où le verbe détourner ne fait que se conjuguer à tout moment. Nous voulons que cette histoire soit mise sur la table. Nous réclamons le principe de redevabilité. S’il y a eu un financement en faveur des enfants en situation difficile il faut impliquer premièrement les anciens jeunes de la rue qui ont connus cette réalité. Qu’ils soient impliqués parce que ce qui se fait sans nous, se fait contre nous », a déclaré Monsieur Banza.
Pour sa part, Fanny Kamweni coordonnatrice de l’ONG EVAPEV et en même temps coordonnatrice nationale des travailleurs para sociaux, a exigé de l’UNICEF, l’implication des travailleurs para sociaux dans la traçabilité des dépenses engagées pour ces fonds.
« Au moment où nous parlons il y a 12 millions de dollars canadiens qui ont été déversés en RDC pour ces enfants en situation de vulnérabilité. Ils ont 4 points qu’ils ont mis en exergue mais j’insiste sur le point 3 qui dit que le TPS, sont des anciens de sensibilisation mais moi je me dis, ils vont sensibiliser qui, où, quand ? Parce que les TPS ne sont même pas impliqués, on a eu ces informations par les réseaux sociaux. Les structures de protection qui protègent ces enfants, quelle est leur part ? Il est temps en RDC qu’on arrête de manger des millions au nom des enfants vulnérables », a-t-elle lancé.
Et d’ajouter : « Il est temps de dire que la vraie société civile se lève pour faire le suivi et évaluation de ces argents qui sont déversés pour ces enfants vulnérables. Nous disons que cette fois-ci il n’y aura pas de rond dépensé sans suivi, sans évaluation (…) si dans les politiques on vole des millions, on vient aussi dans le social ? Nous disons que nous voulons une redevabilité (…) ».
Fanny Kamweni a par ailleurs appelé l’UNICEF au respect du principe de la redevabilité. Elle a déploré dans la foulée, l’absence des subventions de l’Etat pour leurs structures qui encadrent de milliers d’enfants vulnérables.
« Nous faisons ce travail de protection des enfants avec un grand coeur, avec bienveillance. Et nous vous en conjurons la redevabilité, nous la voulons. Actuellement imaginez-vous, l’argent vient de l’étranger, c’est géré par une structure étrangère. L’UNICEF qui gère ces fonds au travers sa section protection. Qu’est-ce qui se passe à l’UNICEF pour que la section protection garde les mêmes figures ? », s’interroge la coordonnatrice de l’ONG EVAPEV.
Alors que la gestion des fonds pose problème, l’ONG EVAPEV et l’Association fraternité des anciens jeunes et enfants de la rue, soupçonnent l’UNICEF de préparer une manifestation à l’occasion de la journée internationale de l’enfant Africain pour justifier l’utilisation de 12 millions de dollars canadiens.


















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