La coordonnatrice de l’ASBL Groupe Inter Désirs (GIDE), Ginette Tumbi a sollicité l’appui du Gouvernement congolais pour la création à travers sa structure, d’un centre pour l’encadrement “social, psychologique, culturel et médical” des personnes intersexes, estimées à plus 2 millions de personnes en RDC.
C’était à l’occasion de la deuxième édition de Furah Day, célébrée samedi 02 août à Kinshasa sous le thème “Nous parents des enfants intersexe, nous ne sommes pas seuls”.
Ginette Tumbi a surtout plaidé pour un investissement réel du gouvernement national à travers son centre en plein essor, en vue d’encadrer cette catégorie de personnes, souvent marginalisées dans la société.
« Il faut reconnaître qu’en commençant ce groupe, nous sommes partis d’une expérience, de la naissance d’un bébé intersexe à Kisenso qui a suscité beaucoup de problématiques sur le plan culturel, sur le plan social, sur le plan médical, sur le plan éthique et qui nous a poussé à ce que nous puissions monté un jour un centre où on ne traiterait que des questions liées aux personnes intersexes et ce futur centre qui est entrain de commencer avec la tenue du Furah Day dans cette espèce pépinière (…) on doit faire connaître ce petit centre jusqu’au niveau du gouvernement pour que le gouvernement puisse comprendre que c’est une question réelle qui demande un investissement réel », a-t-elle lancé

Par ailleurs, la coordonnatrice de l’ASBL Groupe Inter Désirs (GIDE) a encouragé les personnes atteintes de cette malformation génitale à briser le tabou en visitant son centre. Elle a surtout martelé que ces personnes ne sont pas à confondre avec le LGBT.
« J’aimerais dire aux parents dont les enfants présenteraient une malformation génitale que désormais en RDC il y a une structure qui s’occupe de cette catégorie d’enfants de tout âge. Désormais il y a une structure qui s’appelle GIDE qui s’occupe de ces personnes pour suivre sur le plan social, psychologique, médical, en tenant compte de l’aspect éthique. Ces personnes sont censées être honorées, humanisées, parce que cette question touche les enfants et les parents. Ces personnes là ne sont pas à mettre sur un champ de moquerie, c’est des personnes que Dieu a envoyées telles qu’elles sont, à ne pas confondre avec le LGBT », a insisté Ginette Tumbi.
Exposant sur l’accompagnement des personnes intersexes et leurs proches, le docteur Jean de Dieu Awazi a pour sa part, plaidé pour des réformes juridiques en y intégrant dans les documents administratifs, les personnes intersexes. Il a souligné l’urgence pour le parlement d’initier une loi portant protection de cette catégorie de personnes et leur prise en charge médicale.
« Nous devons comprendre que l’intersexualité est une réalité en RDC. Selon l’ONU, 2% de la population mondiale sont des personnes intersexes. En RDC nous sommes à 100 millions d’habitants donc il existe 2 millions d’habitants de personnes intersexes dans notre pays mais moins de 1% sont identifiés mais pourquoi ? Parce qu’il y a des facteurs sociaux culturels qui les obligent à se cacher (…) Nous avons initié cette ASBL pour accompagner les personnes intersexes de manière globale. C’est un accompagnement multidisciplinaire, l’accompagnement psychologique, social et juridique », a-t-il déclaré.
Lors de cette deuxième édition de Furah Day, quelques parents ayant des enfants intersexes, se sont partagés des expériences douloureuses, s’accordant sur le fait que cela soit naturel.
L’organisation de la journée Furah Day, a été rendue possible grâce à l’appui de CUSO international, mettant ainsi à l’honneur les parents des enfants intersexes. Ainsi, les parents se sont servis de cette vitrine pour conscientiser d’autres parents à se joindre à eux pour une société plus égalitaire.
Jusqu’ici seule ASBL s’occupant des personnes intersexes, le Groupe Inter Désirs (GIDE) a son siège situé sur l’avenue des écuries numéro 2 au quartier Mbanza lemba non loin de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), dans la commune de Lemba, à Kinshasa, capitale de la RDC.


















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