Le prix Nobel 2018 Denis Mukwege s’est dit horrifié par « le récent rapport d’enquête des Nations Unies », publié la semaine dernière. C’est un document qui recense au moins le massacre de 319 civils, dont 48 femmes et 19 enfants, entre le 9 et le 21 juillet au Nord-Kivu perpétré par la coalition rebelle M23/AFC à Rutshuru.
Pour le gynécologue congolais, cet acte reflète une nouvelle fois la barbarie à laquelle le peuple congolais est confronté depuis trois décennies.
« La situation sécuritaire ne cesse de se détériorer sur le terrain, et les populations de l’Est de la RDC continuent de payer un lourd tribut. Pendant ce temps, les rebelles poursuivent leur progression jusque dans de nouvelles localités du Sud-Kivu », a-t-il alerté.
Denis Mukwege a déploré le cessez-le-feu décidé à Doha entre les deux parties qui selon lui, ne produit pas d’effet sur terrain où les affrontements se poursuivent. Il accuse Kinshasa de gérer cette crise par tâtonnements.
« Les espoirs placés dans les prétendus cessez-le-feu issus des accords de Washington et de Doha se sont avérés n’être qu’une façade qui ne fait qu’endormir la vigilance internationale et laisser le champ libre aux agresseurs, pendant que Kinshasa s’obstine dans une série de tâtonnements sans fin, semblant incapable d’appréhender la mesure de l’enjeu », a fustigé le réparateur des femmes.
Cependant, le prix Nobel s’interroge « Combien de Congolais devront encore être sacrifiés pour que la classe politique congolaise prenne conscience et transcende les intérêts partisans afin de se dresser en rempart face à ce projet d’extermination de notre peuple et de balkanisation de notre pays ? ».
Pour lui, « Personne ne viendra sauver le Congo à notre place ».


















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