La capture du président vénézuélien Nicolás Maduro au cours d’une opération militaire menée par les États-Unis le 3 janvier dernier, ne cesse de faire réagir. Et en RDC, on tente de faire la similarité des faits entre le président vénézuélien et celui du Rwanda Paul Kagame.
Le député national Steve Mbikayi a qualifié dimanche la capture de Nicolás Maduro comme une leçon pour Paul Kagame qui selon lui, tente de faire ombrage aux intérêts des USA en RDC en ce qui concerne les minerais critiques.
« C’est à cette aune qu’il faut lire le dossier congolais des minerais critiques. L’accord entre la RDC et les USA sur le cobalt, le cuivre, le coltan et le lithium dépasse le simple partenariat économique. Il incarne un pilier central de la stratégie américaine pour sécuriser ses chaînes d’approvisionnement, face à la concurrence chinoise. Toute instabilité prolongée dans l’Est de la RDC, toute perturbation des zones minières ou des corridors logistiques, y est perçue comme une entrave stratégique majeure.», a-t-il écrit sur son compte X.
Il soutient que les opérations militaires rwandaises et du M23/AFC menées sur le sol congolais créent précisément ce risque.
« En alimentant l’insécurité, en retardant la normalisation, Kigali contribue objectivement à déstabiliser un environnement que Washington souhaite voir pacifié. L’histoire récente est sévère : peu de dirigeants ayant persisté à contrarier des intérêts américains aussi clairement identifiés ont échappé, à terme, à des pressions décisives. », ajoute-t-il.
Pour Steve Mbikayi, il serait dès lors périlleux pour Kagame de sous-estimer la dimension symbolique et politique de la relation avec Washington, surtout sous une administration républicaine. Il conseille au président rwandais d’ordonner le retrait clair et assumé de troupes rwandaises du territoire congolais.
« La rationalité stratégique commande donc un retrait clair et assumé du Rwanda du territoire congolais, la fin de toute présence militaire, directe ou par procuration, et un engagement tangible en faveur de la désescalade. Il s’agit d’un calcul de prudence, pour éviter que Kigali ne glisse, à son tour, dans la catégorie des alliés encombrants. », prévient-il.
Alors que le conseil de sécurité des Nations Unies a convoqué une réunion ce lundi 5 janvier consacrée à la situation au Vénézuela, Steve Mbikayi pense que la RDC, qui a entamé son mandat comme membre permanent, devrait s’abstenir du vote sanctionnant les États-Unis pour ne pas fragiliser le partenariat stratégique récemment signé entre les deux pays.


















Laisser un commentaire