De la commune kinoise de Ngaliema aux paysages de Suède, la trajectoire de l’activiste écologiste Aubry Mulopo résume la fragilité de la société civile en République démocratique du Congo (RDC). Visé par des menaces de mort qu’il attribue aux « Forces du Progrès », une structure de jeunesse radicale affiliée à l’UDPS (le parti au pouvoir), le militant a dû choisir l’exil pour survivre.
Engagé au sein d’un mouvement affilié aux Global Greens, Aubry Mulopo travaillait à la création d’une plateforme pour la jeunesse verte africaine. Ses fonctions l’ont amené à effectuer plusieurs voyages d’études dans la zone de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC). Dans un climat kinois surchauffé par la crise sécuritaire à l’Est du pays, ces déplacements transfrontaliers réguliers ont éveillé les soupçons. Accusé de collusion avec des puissances étrangères, l’activiste a vu son quotidien basculer dans les intimidations et la clandestinité.
Régulièrement qualifiées de « milice » par les ONG de défense des droits humains, les Forces du Progrès inquiètent. Leurs dérives avaient éclaté au grand jour lors de l’attaque de la résidence de l’ancienne Première dame, Olive Lembe Kabila. Cet incident avait conduit à l’arrestation de leur leader à Ngaliema, Kennedy Ngandu Ngandu, alias « Anti-Balles », condamné à la peine capitale puis libéré.
La situation s’est aggravée le 28 janvier, en marge de manifestations violentes contre l’ambassade du Kenya à Kinshasa. Pris pour cible en raison de ses attaches professionnelles avec l’Afrique de l’Est, Aubry Mulopo a été violemment passé à tabac par des militants de la mouvance présidentielle. Cette agression a marqué un point de non-retour, précipitant sa fuite avant d’avoir pu saisir la justice. Face à ces accusations, la direction de l’UDPS évoque traditionnellement des « éléments incontrôlés » pour se dédouaner.
Réfugié en Suède, Aubry Mulopo poursuit son combat environnemental, une résilience saluée par les institutions du Länsstyrelsen Västmanland. Cependant, la distance ne garantit pas une sécurité absolue.
Alors que le débat sur la révision constitutionnelle ravive les tensions politiques en RDC, les clivages s’exportent souvent au sein de la diaspora européenne. Pour l’activiste et ses proches, la vigilance reste de mise.


















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